[ITINÉRAIRE BIS] – L’Urgence locale : je consomme, donc j’agis !

marketvalue · mai 24, 2020 · Actualités · 0 comments

[ITINÉRAIRE BIS] – L’urgence locale : je consomme, donc j’agis !

 

 

Le circuit court et l’origine locale sont devenus ces dernières années des critères impliquants dans les achats de produits, notamment alimentaires. Si ces arbitrages étaient jusque-là majoritairement motivés par des enjeux environnementaux, la crise démontre que la devise « je consomme, donc j’agis » est plus d’actualité que jamais.

 

Selon un sondage OpinionWay pour Max Havelaar réalisé auprès de plus de 1.000 personnes mi-avril et dévoilé mardi 5 mai : si un tiers des Français achète « le disponible », les deux autres tiers affirment privilégier « le responsable ». L’étude précise que le local tire son épingle du jeu (45%), de même que le made in France (39%).  Il y a donc fort à parier pour que la préférence client pour les produits locaux s’accentue. Trois motivations peuvent être identifiées :

  • l’expérience environnementale : en mettant à l’arrêt une large part de l’activité industrielle mondiale et du trafic aérien, le virus, en seulement quelques semaines, a permis de diminuer drastiquement les émissions de gaz à effet de serre.  Ce qui jusqu’alors était un objectif est devenu une réalité, permettant à chacun d’éprouver très concrètement le bénéfice d’une planète qui respire. Cette expérience inespérée aura – croisons les doigts – ancrer plus fortement l’urgente nécessité de revoir nos modes de consommation.

 

  • une nouvelle solidarité économique : nos entreprises locales ayant été fortement malmenées par la fermeture des commerces et restaurants, rendant parfois impossible l’écoulement de leurs productions, de nombreuses initiatives ont émergé : mise en place de drive fermiers ou encore organisation d’AMAP entre voisins. Par la force des choses le coronavirus a accéléré le passage, pour ne pas dire le retour, à une consommation plus locale. Privilégier les produits locaux s’impose dès lors comme un acte concret de soutien aux professionnels de proximité et à la relance économique de nos territoires.

 

Si cela ne concerne pas la totalité de la population, ni même d’un panier par ailleurs grevé par la baisse du pouvoir d’achat, on peut espérer qu’une part des Français se montrera fidèle aux circuits courts et made in France sur certains postes de consommation.

 

 

 

  •  la prise de conscience quant aux limites de la mondialisation pourrait elle aussi agir comme un déclencheur. En effet, la pénurie de masques ou de composants indispensables à la production de certains produits, comme les batteries électriques (à 95 % asiatiques) ou les principes actifs à la base des médicaments (80%), a été fortement médiatisée ces-dernières semaines.

 

On peut se demander dans quelles mesures ces informations ont mis au jour notre dépendance, et par conséquent notre vulnérabilité. La peur étant un puissant activateur de changement, cette prise de conscience pourrait à son tour activer la préférence pour le made in France.

 

 

 

Demain, enrichir les assortiments de références fabriquées localement, rendre visibles les démarches de relocalisation de la production, privilégier des matériaux d’origine locale dans la conception ou la rénovation des points de vente, ne serviront plus seulement des stratégies de différenciation. Ces actes deviendront des activateurs de préférence de marque et de fréquentation.

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